Calculateur de réponse fonctionnelle de Holling (type II)
Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 09/09/2026
Le taux de consommation de proies selon la réponse fonctionnelle de type II de Holling se calcule avec (a × N) ÷ (1 + a × Th × N), où a est le taux d'attaque, Th le temps de manipulation d'une proie, et N la densité de proies.
Explication
La réponse fonctionnelle de type II, formalisée par l'écologue Crawford Stanley Holling dans les années 1950 à partir de sa célèbre « équation du disque » (une expérience où une secrétaire aux yeux bandés retirait des disques de papier de verre pour simuler la capture de proies), décrit comment le taux de consommation d'un prédateur évolue avec la densité de ses proies : il augmente d'abord rapidement à faible densité, puis ralentit et finit par plafonner à un taux maximal, car le prédateur passe une part croissante de son temps à manipuler (capturer, tuer, consommer) chaque proie plutôt qu'à en chercher de nouvelles. Ce plafond, appelé taux de consommation maximal, vaut exactement 1/Th : plus le temps de manipulation d'une proie est court, plus ce plateau est élevé. Ce modèle diffère fondamentalement des dynamiques de croissance de population pure (voir notre calculateur de croissance logistique), qui décrivent l'évolution d'une seule population dans le temps sans interaction directe prédateur-proie, alors que la réponse fonctionnelle de Holling s'intéresse spécifiquement au comportement alimentaire instantané d'un prédateur individuel face à une densité de proies donnée. La réponse de type II se distingue des types I (relation linéaire sans plafond, simplification rarement réaliste) et III (courbe en S, où le taux de consommation démarre lentement à faible densité, typique des prédateurs qui doivent « apprendre » à reconnaître une proie rare ou qui disposent de proies alternatives) : le type II reste le modèle le plus couramment observé chez les prédateurs invertébrés et de nombreux vertébrés. Cette efficacité de prédation accrue à faible densité de proies influence directement le transfert d'énergie d'un niveau trophique à l'autre, mesuré par notre calculateur de biomasse par niveau trophique.
Exemple : a = 0,5, Th = 0,1 h, densité de proies = 20
Données d'entrée
Taux d'attaque : 0,5. Temps de manipulation : 0,1 h. Densité de proies : 20.
Calcul
Taux de consommation = (0,5 × 20) ÷ (1 + 0,5 × 0,1 × 20) = 10 ÷ 2 = 5.
Résultat
Le prédateur consomme environ 5 proies par unité de temps à cette densité de proies.
Questions fréquentes
Quel est le taux de consommation maximal possible selon ce modèle ?
Le taux de consommation plafonne à 1/Th quand la densité de proies devient très grande, car le prédateur passe alors la quasi-totalité de son temps à manipuler des proies plutôt qu'à en rechercher. Avec un temps de manipulation de 0,1 h par exemple, le taux maximal théorique est de 1/0,1 = 10 proies par unité de temps, peu importe à quel point la densité de proies augmente encore.
En quoi ce modèle diffère-t-il de la réponse fonctionnelle de type I ?
La réponse de type I suppose une relation strictement linéaire entre densité de proies et taux de consommation, sans aucun plafond — une simplification qui ignore le temps de manipulation et qui n'est réaliste que pour certains filtreurs passifs. La réponse de type II, plus réaliste pour la majorité des prédateurs actifs, intègre ce temps de manipulation et produit donc une courbe qui ralentit puis plafonne.
Comment estimer le taux d'attaque et le temps de manipulation en pratique ?
Ces deux paramètres s'estiment généralement par des expériences contrôlées en laboratoire ou en enclos, en exposant un prédateur à différentes densités de proies et en mesurant le nombre de proies consommées par unité de temps, puis en ajustant l'équation de Holling sur ces données mesurées.