Calculateur de chute de tension dans un câble électrique

Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 17/08/2026

La chute de tension dans un câble monophasé se calcule avec ΔU = 2 × 0,0225 × longueur × intensité × cos(φ) ÷ section. Pour un circuit de 16 A sur 20 m en section 2,5 mm², la chute atteint environ 5,76 V, soit environ 2,5 % de la tension nominale.

Explication

Tout conducteur électrique présente une résistance, aussi faible soit-elle : lorsqu'un courant le traverse sur une certaine longueur, une partie de la tension est "perdue" en chemin sous forme de chaleur, avant même d'atteindre l'appareil branché en bout de ligne. Cette chute de tension augmente avec la longueur du câble et l'intensité du courant, et diminue avec une section de conducteur plus généreuse (une section plus large offre moins de résistance au passage du courant). La réglementation française (norme NF C 15-100) fixe des seuils maximaux à ne pas dépasser pour une installation domestique : 3 % de chute de tension pour les circuits d'éclairage, et 5 % pour les autres circuits (prises, chauffage, gros électroménager), au-delà desquels les appareils peuvent fonctionner de façon dégradée (éclairage plus faible, moteur qui chauffe davantage) et la sécurité de l'installation peut être remise en question. Ce calcul est donc utilisé en amont d'une installation, pour vérifier qu'une section de câble envisagée reste compatible avec la longueur du circuit prévu, ou pour déterminer la section minimale nécessaire sur une ligne longue (un garage ou une dépendance éloignée du tableau électrique principal, par exemple). Il se distingue de notre calculateur de résistance de câble électrique, qui donne la résistance pure d'un conducteur à partir de ses seules dimensions physiques : ici, la résistance du câble est directement intégrée à la formule via la résistivité du cuivre, pour obtenir la grandeur réellement utile sur le terrain, la tension perdue en volts et en pourcentage. Le facteur de puissance cos(φ), lui, dépend du type de charge branchée en bout de ligne : voir notre calculateur de puissance électrique pour approfondir la relation entre tension, intensité et puissance réellement consommée.

Exemple : circuit 16 A, 20 m, section 2,5 mm²

Données d'entrée

Longueur : 20 m. Intensité : 16 A. Section : 2,5 mm². Facteur de puissance : 1 (résistif). Tension nominale : 230 V.

Calcul

ΔU = 2 × 0,0225 × 20 × 16 × 1 ÷ 2,5 = 14,4 ÷ 2,5 = 5,76 V. Chute relative = 5,76 ÷ 230 × 100 ≈ 2,50 %.

Résultat

Ce circuit subit une chute de tension d'environ 5,76 V, soit environ 2,5 % de la tension nominale — sous le seuil de 3 % recommandé pour l'éclairage.

Questions fréquentes

Pourquoi le facteur 2 dans la formule ?

En monophasé, le courant parcourt un aller-retour complet entre le tableau électrique et l'appareil : un conducteur "aller" (phase) et un conducteur "retour" (neutre), tous deux traversés par le même courant sur la même longueur. La résistance totale du circuit est donc le double de la résistance d'un seul conducteur sur cette longueur, d'où le facteur 2 appliqué à la longueur simple saisie.

Cette formule s'applique-t-elle aussi à une installation triphasée ?

Non, ce calculateur ne couvre volontairement que le cas monophasé. Le triphasé utilise une formule différente, avec un facteur √3 (environ 1,73) à la place du facteur 2, en raison de la façon dont le courant circule entre les trois phases. Utiliser la formule monophasée sur un circuit triphasé donnerait un résultat incorrect.

Que faire si la chute de tension calculée dépasse le seuil réglementaire ?

Deux leviers permettent de réduire la chute de tension : augmenter la section du conducteur (moins de résistance) ou, si possible, réduire la longueur du câble en rapprochant le tableau de départ du point d'utilisation. Une section plus généreuse que le minimum imposé par l'intensité du circuit est une pratique courante dès qu'une ligne électrique dépasse une vingtaine de mètres.

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