Calculateur de l’équation de Tsiolkovski

Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 22/08/2026

L'équation de Tsiolkovski donne le changement de vitesse maximal d'une fusée : Δv = ve × ln(m0 ÷ mf), où ve est la vitesse d'éjection effective des gaz (Isp × 9,80665) et m0, mf les masses initiale et finale. Pour un Isp de 300 s et un rapport de masse de 5:1, une fusée peut atteindre environ 4,7 km/s de Δv.

Explication

L'équation de Tsiolkovski, formulée dès 1897 par le scientifique russe Konstantin Tsiolkovski, est la relation fondamentale de la propulsion par réaction : elle relie la variation de vitesse qu'un engin peut atteindre à la vitesse à laquelle il éjecte sa matière (le carburant brûlé) et à la proportion de sa masse initiale qu'il consomme. La vitesse d'éjection effective ve dépend directement de l'impulsion spécifique du moteur (Isp), une mesure de son efficacité exprimée en secondes — plus l'Isp est élevée, plus le moteur produit de poussée par kilogramme de carburant consommé. Le logarithme dans la formule a une conséquence pratique majeure et souvent sous-estimée : à cause de sa croissance très lente, gagner chaque kilomètre par seconde supplémentaire de Δv coûte proportionnellement de plus en plus de carburant — c'est ce qui rend les voyages spatiaux lointains si exigeants en masse de propergol, et explique pourquoi les fusées modernes empilent plusieurs étages successifs (chacun largué une fois vide) plutôt que d'utiliser un seul réservoir géant. Ce Δv calculé représente un maximum théorique dans le vide, sans gravité ni frottement atmosphérique à vaincre — un lancement réel depuis la Terre consomme une partie de ce Δv disponible simplement pour s'arracher à l'attraction terrestre et traverser l'atmosphère, avant même de pouvoir l'utiliser pour la mise en orbite proprement dite (voir notre calculateur de quantité de mouvement pour le principe physique sous-jacent à toute propulsion par réaction).

Exemple : étage à ergols liquides classique

Données d'entrée

Impulsion spécifique : 300 s. Masse initiale : 100 000 kg. Masse finale : 20 000 kg.

Calcul

ve = 300 × 9,80665 ≈ 2 942 m/s. Δv = 2 942 × ln(100 000 ÷ 20 000) = 2 942 × ln(5) ≈ 2 942 × 1,609 ≈ 4 735 m/s.

Résultat

Cet étage peut atteindre un Δv d’environ 4,7 km/s dans le vide, en l’absence de gravité et de traînée atmosphérique.

Questions fréquentes

Pourquoi utiliser plusieurs étages plutôt qu’une seule fusée à un seul réservoir ?

Parce que la croissance logarithmique de l'équation de Tsiolkovski rend chaque kilomètre par seconde supplémentaire de Δv de plus en plus coûteux en carburant : au-delà d'un certain rapport de masse, ajouter du carburant supplémentaire dans un seul réservoir apporte des gains de moins en moins significatifs, car ce carburant lui-même doit être accéléré. Larguer les étages vides au fur et à mesure allège la fusée restante, ce qui rend chaque étage suivant nettement plus efficace que s'il devait continuer à transporter la structure et les réservoirs déjà vidés des étages précédents.

Pourquoi l’accélération g0 est-elle fixée à 9,80665 m/s² même pour une fusée qui ne décolle pas de la Terre ?

Dans l'équation de Tsiolkovski, g0 n'est pas la gravité réellement subie par la fusée : c'est une constante de conversion, fixée par convention internationale, qui sert uniquement à convertir l'impulsion spécifique (exprimée en secondes) en une vitesse d'éjection effective (en mètres par seconde). Elle reste donc identique quel que soit le lieu de lancement réel, y compris pour une sonde qui décolle depuis la Lune ou opère dans l'espace profond.

Ce Δv calculé correspond-il à la vitesse réelle atteinte par la fusée ?

Non, c'est un maximum théorique dans le vide et sans gravité : un lancement réel doit soustraire à ce Δv disponible les pertes dues à la gravité (le temps passé à s'élever verticalement contre l'attraction terrestre) et à la traînée atmosphérique, ainsi que les pertes liées à une trajectoire qui n'est jamais parfaitement optimale. Le Δv utile réellement disponible pour la mission (mise en orbite, transfert interplanétaire) est donc toujours inférieur à ce résultat théorique — à titre de comparaison, notre calculateur de vitesse de libération donne le Δv minimal pour échapper définitivement à l'attraction d'une planète, un ordre de grandeur utile pour juger si un Δv calculé ici suffirait à une mission donnée.

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