Calculateur de la formule de Rydberg

Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 24/08/2026

La formule de Rydberg donne 1/λ = R_H × (1/n1² − 1/n2²), où R_H est la constante de Rydberg pour l'hydrogène. Pour la transition n1=2 vers n2=3 (raie Hα de la série de Balmer), la longueur d'onde émise vaut environ 656,5 nm — la célèbre raie rouge de l'hydrogène.

Explication

Quand un électron de l'atome d'hydrogène passe d'un niveau d'énergie supérieur (n2) à un niveau inférieur (n1), il émet un photon dont la longueur d'onde est précisément déterminée par la différence d'énergie entre ces deux niveaux — c'est exactement ce que décrit la formule de Rydberg, l'une des premières équations empiriques de la physique atomique, découverte avant même que la mécanique quantique n'en explique l'origine théorique (le modèle de Bohr, puis la mécanique quantique complète, ont ensuite confirmé cette formule à partir de premiers principes). Les transitions vers le niveau n1=1 forment la série de Lyman, dans l'ultraviolet ; celles vers n1=2 forment la série de Balmer, la seule dont plusieurs raies tombent dans le domaine visible — c'est cette série de Balmer qui a permis d'observer directement le spectre de l'hydrogène dès le XIXe siècle, bien avant la formulation théorique complète de la structure atomique. La raie Hα (n1=2, n2=3), à environ 656,5 nm, est la raie la plus intense et la plus caractéristique de cette série : elle donne sa couleur rouge caractéristique à de nombreuses nébuleuses en émission observées en astronomie, où l'hydrogène ionisé se recombine en émettant justement cette longueur d'onde. Cette formule utilise la constante de Rydberg spécifique à l'hydrogène (R_H), légèrement inférieure à la constante de Rydberg « infinie » (R∞) qui suppose un noyau infiniment lourd par rapport à l'électron : la correction, proportionnelle au rapport des masses du proton et de l'électron, reste faible (moins de 0,1%) mais mesurable, et devient plus significative pour des atomes hydrogénoïdes plus légers comme le positronium — le même effet quantique fondamental que celui mis en évidence par l'effet photoélectrique au tout début du XXe siècle.

Exemple : raie Hα de la série de Balmer

Données d'entrée

Niveau final : n1 = 2. Niveau initial : n2 = 3.

Calcul

1/λ = 1,09677584×10⁷ × (1/2² − 1/3²) = 1,09677584×10⁷ × (0,25 − 0,1111) ≈ 1 523 891 m⁻¹. λ = 1 ÷ 1 523 891 ≈ 6,565×10⁻⁷ m, soit environ 656,5 nm.

Résultat

Cette transition émet un photon d’environ 656,5 nm, dans le rouge visible — la raie Hα, la plus intense de la série de Balmer de l’hydrogène.

Questions fréquentes

Pourquoi seule la série de Balmer est-elle visible à l’œil nu ?

Parce que les transitions vers n1=1 (série de Lyman) libèrent une énergie trop importante, correspondant à des longueurs d'onde dans l'ultraviolet, invisibles à l'œil humain ; les transitions vers n1=3 et au-delà (séries de Paschen, Brackett...) libèrent au contraire trop peu d'énergie, tombant dans l'infrarouge. Seules les transitions vers n1=2 produisent des photons dont l'énergie correspond précisément au domaine de longueurs d'onde visible par l'œil humain (environ 380 à 700 nm), ce qui explique pourquoi la série de Balmer a été historiquement la première observée.

Pourquoi utiliser R_H plutôt que R∞ (la constante de Rydberg « infinie ») ?

R∞ suppose un noyau infiniment plus lourd que l'électron, une approximation valable pour des atomes très lourds mais imprécise pour l'hydrogène, dont le proton n'est « que » 1836 fois plus massif que l'électron. En pratique, l'électron et le proton orbitent tous deux autour de leur centre de masse commun, pas autour d'un noyau parfaitement immobile : la correction de masse réduite (R_H = R∞ × mp/(mp+me)) tient compte de ce mouvement partagé et donne des longueurs d'onde légèrement plus précises, conformes aux mesures spectroscopiques réelles.

Cette formule s’applique-t-elle à d’autres atomes que l’hydrogène ?

Une version généralisée s'applique aux ions dits « hydrogénoïdes » (un seul électron, comme He⁺ ou Li²⁺), en multipliant le terme de droite par le carré du numéro atomique Z. Pour un atome neutre à plusieurs électrons, en revanche, les interactions électron-électron compliquent considérablement le spectre, qui ne suit plus cette formule simple à un seul paramètre — l'énergie précise de chaque photon émis se déduit ensuite directement de sa longueur d'onde via notre calculateur d'énergie d'un photon.

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