Calculateur de croisement génétique dihybride
Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 22/08/2026
Le croisement de deux parents doublement hétérozygotes (AaBb × AaBb) donne le célèbre ratio phénotypique 9:3:3:1 : 56,25 % double dominant, 18,75 % dominant/récessif, 18,75 % récessif/dominant et 6,25 % double récessif.
Explication
Ce calculateur étend notre calculateur de croisement génétique monohybride à deux gènes indépendants au lieu d'un seul, en appliquant la deuxième grande loi de Mendel : la loi de l'assortiment indépendant, qui énonce que deux gènes situés sur des chromosomes différents (ou suffisamment éloignés sur un même chromosome) se transmettent indépendamment l'un de l'autre à la descendance. Concrètement, cela signifie que la probabilité d'obtenir une combinaison précise de deux caractères s'obtient simplement en MULTIPLIANT les probabilités de chaque caractère pris isolément, exactement comme la probabilité d'obtenir deux résultats indépendants au lancer de dés. C'est cette multiplication qui produit le célèbre ratio 9:3:3:1 lorsque les deux parents sont doublement hétérozygotes (AaBb × AaBb) : chaque gène pris isolément suit un ratio 3:1 (75 % dominant, 25 % récessif, comme dans le croisement monohybride), et 3/4 × 3/4 = 9/16, 3/4 × 1/4 = 3/16, 1/4 × 1/4 = 1/16 — d'où le 9:3:3:1 observé sur les quatre combinaisons phénotypiques possibles. C'est précisément ce ratio que Gregor Mendel a observé sur ses plants de pois en croisant simultanément la couleur et la forme des graines, une découverte qui a établi que les caractères héréditaires se transmettent de façon indépendante plutôt que « mélangée ». Ce modèle suppose que les deux gènes sont réellement indépendants : des gènes physiquement proches sur un même chromosome (liés génétiquement) ne suivent pas cette loi et sont hérités ensemble plus souvent que ne le prédit ce calcul, un phénomène appelé liaison génétique qui sort du cadre de ce modèle simple.
Exemple : croisement de deux doubles hétérozygotes (AaBb × AaBb)
Données d'entrée
Parent 1 : Aa pour le gène 1, Bb pour le gène 2. Parent 2 : Aa pour le gène 1, Bb pour le gène 2.
Calcul
Chaque gène suit indépendamment un ratio 3:1 (75 % dominant, 25 % récessif). Combinaisons : 0,75×0,75=56,25 % (double dominant) ; 0,75×0,25=18,75 % (dominant/récessif) ; 0,25×0,75=18,75 % (récessif/dominant) ; 0,25×0,25=6,25 % (double récessif).
Résultat
Ce croisement produit le ratio 9:3:3:1 classique : 56,25 % / 18,75 % / 18,75 % / 6,25 %.
Questions fréquentes
Pourquoi multiplie-t-on simplement les deux probabilités de chaque gène ?
Parce que la loi de l'assortiment indépendant de Mendel établit que la transmission d'un gène n'influence pas la transmission de l'autre, à condition qu'ils soient situés sur des chromosomes différents (ou suffisamment distants sur un même chromosome). Deux événements indépendants ont une probabilité conjointe égale au produit de leurs probabilités individuelles — exactement le même principe mathématique que pour deux lancers de dés indépendants.
Que se passe-t-il si les deux gènes sont physiquement proches sur le même chromosome ?
Dans ce cas, les gènes sont dits « liés » : ils ont tendance à être hérités ensemble plus souvent que ne le prédit ce calcul, car ils sont physiquement rattachés sur le même chromosome et se séparent uniquement lors d'un événement de recombinaison (crossing-over) pendant la méiose. Plus deux gènes sont proches sur le chromosome, plus cette liaison est forte et plus le ratio observé s'éloigne du 9:3:3:1 théorique de ce modèle, qui suppose une indépendance complète.
Ce calculateur fonctionne-t-il pour des parents avec des génotypes différents du cas classique ?
Oui : les quatre menus déroulants permettent de choisir librement le génotype de chaque parent pour chacun des deux gènes (homozygote dominant, hétérozygote ou homozygote récessif), pas seulement le croisement classique AaBb × AaBb. Le troisième cas de test de ce calculateur, par exemple, montre le résultat d'un croisement entre deux parents homozygotes aux phénotypes opposés (AABB × aabb), qui produit une descendance uniformément hétérozygote pour les deux gènes. Pour raisonner cette fois à l'échelle d'une population entière plutôt que d'un croisement individuel, voir notre calculateur d'équilibre de Hardy-Weinberg.