Calculateur d'indice de richesse de Margalef
Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 09/09/2026
L'indice de richesse de Margalef se calcule avec (S − 1) ÷ ln(N), où S est le nombre d'espèces observées et N le nombre total d'individus dénombrés dans l'échantillon.
Explication
L'indice de Margalef est une mesure de richesse spécifique qui corrige un biais simple mais important : plus on échantillonne d'individus, plus on a de chances d'observer de nouvelles espèces rares, même sans que la communauté soit réellement plus riche. En divisant (S − 1) par le logarithme népérien de N plutôt que par N lui-même, l'indice de Margalef atténue cet effet de l'effort d'échantillonnage tout en restant sensible au nombre d'espèces observées : le « −1 » au numérateur ramène mécaniquement l'indice à exactement 0 quand une seule espèce est présente, quel que soit le nombre d'individus comptés, ce qui en fait un repère naturel de communauté totalement dominée par une seule espèce. Cet indice se distingue de l'indice de diversité de Shannon, qui combine à la fois la richesse (nombre d'espèces) et l'équitabilité (répartition des abondances entre ces espèces) en une seule valeur : deux communautés peuvent avoir un indice de Shannon identique alors que leur richesse spécifique réelle diffère nettement, si l'une a plus d'espèces mais des abondances très inégales. L'indice de Margalef, en se concentrant uniquement sur le rapport entre le nombre d'espèces et l'effort d'échantillonnage, complète directement la relation aire-espèce, qui prédit elle aussi le nombre d'espèces attendu, mais en fonction de la surface étudiée plutôt que du nombre d'individus dénombrés.
Exemple : 10 espèces observées sur 200 individus dénombrés
Données d'entrée
Nombre d'espèces : 10. Nombre total d'individus : 200.
Calcul
Indice de Margalef = (10 − 1) ÷ ln(200) = 9 ÷ 5,2983 ≈ 1,6986.
Résultat
Cet échantillon obtient un indice de richesse de Margalef d'environ 1,70.
Questions fréquentes
Pourquoi diviser par le logarithme du nombre d'individus plutôt que par le nombre d'individus lui-même ?
Parce que le nombre de nouvelles espèces découvertes ralentit à mesure que l'échantillonnage grandit (une courbe d'accumulation d'espèces s'aplatit progressivement), alors qu'une simple division par N pénaliserait beaucoup trop fortement les gros échantillons. Le logarithme corrige cet effet de manière plus réaliste, en accord avec la façon dont la découverte de nouvelles espèces ralentit réellement sur le terrain.
Quelle est la valeur de référence pour dire qu'une communauté est « riche » ?
Il n'existe pas de seuil absolu universel : l'indice de Margalef sert avant tout à comparer plusieurs échantillons entre eux (avant/après une perturbation, ou entre plusieurs sites), pas à qualifier une seule valeur isolée de « riche » ou « pauvre » dans l'absolu. Les valeurs typiques varient énormément selon le taxon étudié et l'écosystème.
En quoi cet indice diffère-t-il de la relation aire-espèce ?
L'indice de Margalef relie le nombre d'espèces à l'effort d'échantillonnage (le nombre d'individus dénombrés), tandis que la relation aire-espèce relie le nombre d'espèces à la surface géographique étudiée. Les deux mesurent une forme de richesse spécifique, mais selon deux axes différents : l'un porte sur l'intensité de l'échantillonnage, l'autre sur son étendue spatiale.