Calculateur de facteur de bioconcentration (BCF)
Rédigé par Thierno Sadou Diallo, formule vérifiée selon notre méthodologie • Mis à jour le 10/10/2026
Le facteur de bioconcentration (BCF) se calcule avec concentration dans l'organisme (mg/kg) ÷ concentration dans l'eau (mg/L), à l'équilibre. Une concentration de 600 mg/kg pour 0,1 mg/L donne un BCF de 6000 L/kg, considéré comme très bioaccumulable selon les seuils réglementaires européens (REACH).
Explication
Le facteur de bioconcentration (BCF, bioconcentration factor) mesure la tendance d'une substance chimique présente dans l'eau à s'accumuler dans les tissus d'un organisme aquatique (poisson, mollusque) exposé uniquement par voie aqueuse, à l'équilibre entre l'absorption et l'élimination de la substance. Un BCF élevé signifie que la substance s'accumule fortement dans l'organisme par rapport à sa concentration dans l'eau environnante, un phénomène préoccupant pour les substances toxiques persistantes qui peuvent alors se concentrer tout au long de la chaîne alimentaire — un risque d'autant plus sérieux pour un écosystème déjà pauvre en espèces, voir notre calculateur d'indice de diversité de Shannon pour évaluer cette diversité. La réglementation européenne REACH utilise ce facteur pour classer les substances chimiques : un BCF supérieur à 2000 L/kg qualifie une substance de « bioaccumulable », et un BCF supérieur à 5000 L/kg de « très bioaccumulable », deux seuils qui déclenchent des obligations réglementaires renforcées pour les fabricants et importateurs de ces substances. Le BCF se distingue de deux notions voisines : le facteur de bioaccumulation (BAF), qui inclut en plus l'exposition par l'alimentation (pas seulement par l'eau environnante, ce qui en fait généralement une estimation plus réaliste pour les écosystèmes réels) et le facteur de bioamplification (BMF), qui compare la concentration d'un prédateur à celle de ses proies le long de la chaîne alimentaire plutôt qu'un organisme à son environnement aqueux direct. Ce calculateur couvre uniquement le BCF, le plus simple des trois et le plus couramment mesuré en laboratoire dans des conditions contrôlées. Chez les poissons, l'accumulation peut aussi se répercuter sur la reproduction : voir notre calculateur d'indice gonadosomatique pour un indicateur de l'investissement reproducteur.
Exemple : substance très bioaccumulable
Données d'entrée
Concentration dans l'organisme : 600 mg/kg. Concentration dans l'eau : 0,1 mg/L.
Calcul
BCF = 600 ÷ 0,1 = 6000 L/kg, au-dessus du seuil de 5000 L/kg retenu par la réglementation REACH pour qualifier une substance de très bioaccumulable.
Résultat
Cette substance est classée très bioaccumulable selon les seuils réglementaires européens.
Questions fréquentes
Pourquoi le BCF est-il exprimé en L/kg ?
Parce qu'il résulte de la division d'une concentration en mg par kg de tissu (mg/kg) par une concentration en mg par litre d'eau (mg/L) : les mg s'annulent dans le calcul, laissant un rapport kg⁻¹ × L, soit L/kg. Cette unité, bien qu'elle puisse sembler abstraite au premier abord, reflète simplement combien de litres d'eau contiendraient la même masse de substance que celle réellement concentrée dans un kilogramme de tissu de l'organisme.
Quelle est la différence entre le BCF et le BAF ?
Le BCF (facteur de bioconcentration) ne considère que l'exposition par l'eau environnante, typiquement mesurée en laboratoire dans des conditions contrôlées. Le BAF (facteur de bioaccumulation) inclut en plus l'exposition par l'alimentation (proies consommées par l'organisme), ce qui en fait généralement une estimation plus représentative de ce qui se passe réellement dans un écosystème naturel, où l'exposition ne se limite jamais à l'eau seule.
Pourquoi ces seuils de 2000 et 5000 L/kg sont-ils importants ?
Parce qu'ils correspondent aux critères officiels utilisés par la réglementation européenne REACH sur les substances chimiques pour qualifier une substance de bioaccumulable ou très bioaccumulable, deux classifications qui déclenchent des exigences réglementaires renforcées (évaluations de risque plus poussées, restrictions d'usage possibles) pour les fabricants et importateurs de la substance concernée.